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La dynastie Shang, pionnière de la civilisation chinoise

La dynastie Shang, pionnière de la civilisation chinoise

Succédant à la dynastie Xia, la dynastie Shang est la première dynastie historique impériale de Chine, dont les vestiges retrouvés mettent en évidence la fin aux mythes et légendes régissant la cour, pour valoriser au contraire les faits historiques.

Shang Di dieu dans le taoïsme

Shang Di

l’historien Henri Cordier (1849-1925) évoque dans son livre « Histoire générale de la Chine« , que « par ordre du Ciel, nous dit le Che King, une hirondelle descendit, et la famille des Chang lui dut son origine. Les Shang habitèrent la terre de Yin et devinrent puissants ».

Cette citation explique que la souveraineté des Shang leur venait du ciel, particulièrement de la divinité Shang Di, dieu suprême dominateur, dont les empereurs se disaient tous descendants.

Les découvertes archéologiques et les textes découverts ces dernières décennies remettent en question les dates de la dynastie Shang. Celle-ci aurait débuté au environ du XVIème siècle pour terminer en 1045 avant Jésus Christ, lorsque les Zhou la renversent. Des historiens estiment qu’elle s’étend de 1766 à 1122 avant J. -C. Une différence de près d’un siècle, qui laisse des doutes sur le mode de vie des Shang.

Il est certain qu’ils régnèrent sur le territoire du nord et du centre du pays, de la plaine du Fleuve Jaune à la région des provinces actuelles de Henan, Hebei et Shandong. La capitale centrale du pouvoir des Shang était à Yin, près de la frontière nord du Henan.

Les Shang pensaient qu’ils régnaient au centre d’une terre carrée, raison pour laquelle ils se nommèrent Shang Zhong : zhong signifiant, central. Leur territoire était divisé en « quatre zones » (si qu), aussi appelé « quatre pays » (si guo), tous dirigés vers l’un des quatre points cardinaux.

Une société organisée et inventrice

D’après la mythologie chinoise, Tang Le Victorieux serait le fondateur de la dynastie Shang. Certains pensent qu’il était un « leader rebelle », ayant détrôné le dernier empereur Xia, considéré comme le réel fondateur de la dynastie.

La dynastie Shang est surtout connue pour son nombre important d’empereurs en près de 630 ans de règne. Le premier fut Cheng Tang (-1767/-1753) et le dernier Di Xin (-1154/-1122), entre ces deux empereurs, les historiens dénombrent 28 souverains.

La dynastie Shang a développé les villes, mit l’accent sur l’utilisation du bronze et l’écriture chinoise. Celle-ci était encore archaïque, datant de la dynastie Qin, mais elle se développe à cette époque. Apparaissent également les premier calendriers chinois et les chroniques historiques. Les Shang ont modernisé la société chinoise mettant fin à l’âge du bronze.

Descendant du ciel, les rois guerriers (wang) faisaient usage de la force, mais ils régnaient surtout à l’aide d’alliances dynastiques et de divination. La société Shang était composée de plusieurs classes aristocratique, agricole, paysanne et religieuse. Chacune d’elle avait ses règles, et la classe religieuse avait pour principal fonction de « faire la chronique du gouvernement et d’effectuer des présages ».

Divination et polythéisme

De fait, les religieux avaient un rôle majeur dans la société, ils prédisaient à l’aide d’os d’animaux (cerfs, moutons, bœufs mais aussi carapaces de tortues) l’avenir des empereurs et celles à moindre mesure des citoyens. Ainsi, les prêtres appliquaient un bâton brûlant sur des os de vaches ou des écailles de tortues pour interroger les divinités et les ancêtres.

Cette divination est appelée la scapulomancie, surtout pratiquée lors de la période néolithique de Longshan. Les craquelures, appelées jiaguwen (« inscriptions sur écailles et sur os« ) et découvertes sur les carapaces de tortues, ont permit de retracer l’histoire de la calligraphie chinoise.

Reproduction de plastron de tortue portant un commentaire de divination – Chine, dynastie Shang

Reproduction de plastron de tortue portant un commentaire de divination – Chine, dynastie Shang

La société Shang était polythéiste, dont le dieu le plus important était Di ou Shang Di, appelé aussi le Haut Dieu, le dieu Suprême dominateur. Il était vénéré à travers le culte des ancêtres de la dynastie royale.

Les prêtres et plus largement les Shang avaient un immense respect pour ce dieu protecteur, qui pouvait provoquer des catastrophes naturelles, des maladies et des guerres. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il était rarement appelé par les prêtres lors des divinations.

En plus des divinités, les Shang vénéraient les ancêtres. Six d’entre eux protégeaient le roi et se consacraient à sa vie. Il existe deux types d’ancêtres, les pré-dynastiques (Shang Jia, Bao Yi, Bao Bing, Bao Ding, Shi Ren, Shi Gui s’occupaient du roi) et les royaux. Ils avaient le pouvoir de contrôler le présent, provoquer des guerres ou encore donner des maladies.

L’existence de la vie après la mort

Les Shang avaient de nombreuses croyances, ils pensaient qu’il existait une vie après la mort ainsi que des puissances naturelles dans le monde souterrain. Ces puissances naturelles étaient symbolisées par des dieux : Tu (le sol), Ri (le soleil ou jour) et He (le fleuve).

En plus de la divination, les présages se lisaient également par la calligraphie. Il a été découvert des carapaces de tortues et os d’animaux sur lesquelles étaient inscrits d’anciens caractères caractères chinois. Les prêtres inscrivaient la question posée et interprétaient la réponse avec les craquelures qui apparaissaient lorsque l’os était au dessus du feu.

Chambre funéraire de la tombe de la reine Fu Hao avec son mobilier et les morts d’accompagnement aux extrémités.

C’est à cette période de l’histoire que la calligraphie se développa, sous la forme de sinogramme, les caractères ressemblaient à des sceaux. Vers 1898, environ 100.000 ossements près d’Anyang, ont été découvert.

D’après René Grousset, des archéologues ont prouvé que des sacrifices d’humains et d’animaux étaient pratiqués, notamment dans des tombes à N’gan-yang. Par exemple, à la cour, pour fêter la nouvelle année, ils écartelaient des victimes humaines aux quatre portes cardinales de la ville.

Une économie basée sur l’agriculture

Les Shang chassaient pour s’entraîner à la guerre, mais cultivaient pour se nourrir. Ils récoltaient de l’orge pour les céréales, du millet et du blé et élevaient des porcs, moutons, chiens, bœufs et des vers à soie pour les viandes. La chasse était aussi un indispensable à leur nourriture. Ils avaient des outils précis, qu’ils fabriquaient en bronze ou en métal.

L’utilisation du métal et du bronze leur a permit de fabriquer des outils spécifiques pour la vie quotidienne. L’industrie du bronze et l’artisanat étaient très développés pour l’époque, et ils créaient du textile de lin et de soie, ainsi que des poteries rouges et noires. Il a également été découvert une forme primitive de porcelaine blanche.

Les Shang étaient enterrés avec leurs objets, esclaves et armes pour pouvoir revenir sur terre. Ils estimaient que la terre était carrée et qu’ils régnaient au centre de celle-ci. Selon les historiens, l’écriture des Shang est à la base des dessins stylisés. Les principes d’écriture ont par la suite étaient repris par l’écriture chinoise, vers 200 av. J.-C.

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