Dans le but de réduire les fuites de capitaux vers l’étranger, qui pèsent sur l’économie du pays, le gouvernement a décidé de restreindre les échanges de devises réalisés par les particuliers et d’obliger les banques à déclarer toutes transactions.

Désormais, un individu souhaitant convertir ses yuans en devises étrangères devra fournir davantage d’informations personnelles à sa banque. Il devra informer l’institution de la provenance de ses fonds, a indiqué l’Administration nationale des changes (ANC).

La limitation annuelle de change de 50’000 dollars par personne reste inchangée, et les transferts transnationaux de plus de 200’000 yuans (26’000 €) réalisés par des particuliers feront l’objet d’une procédure de déclaration.

Ces mesures permettent de combler des failles dans la gestion actuelle des changes, et à d’endiguer les violations dans les achats de devises étrangères et d’autres activités illégales, telles que la fraude, le blanchiment d’argent et les banques clandestines, a indiqué l’ANC.

Ainsi, l’ANC tient à s’assurer du stricte contrôle des informations améliore sa surveillance, qui s’accompagnera de « contrôles aléatoires » et d’un durcissement ses sanctions.

Les banques devront appliquer ces nouvelles règles sur les transactions en espèces et les transferts vers l’étranger. Face aux critiques survenues à l’annonce de cette nouvelle réglementation, Ma Jun, économiste de la Banque Populaire de Chine (BPC), a assuré qu’il « ne s’agit pas du tout d’un contrôle des capitaux« .

Toutefois, les banques devront déclarer auprès de la BPC toutes les transactions en espèces libellées en yuans dépassant 50’000 yuans (6’500 €), contre 200’000 yuans (26’000 €) actuellement.

En termes de devises étrangères, le seuil de déclaration restera au niveau équivalent à 10’000 dollars (9100€) pour les transactions en espèces et les transferts vers l’étranger.

Ma Jun a indiqué que la responsabilité de la déclaration des informations sera imposée aux institutions financières et qu’il n’y aura pas de documentation supplémentaire ni de procédure d’approbation officielle pour les entreprises ou les particuliers.

Cette nouvelle règlement entre dans le cadre d’un e vaste politique économique engagée par Beijing pour juguler une colossale hémorragie de capitaux hors de Chine. Environ 1’000 milliards de dollars (941 milliards d’€) ont quitté la Chine Chine en 2015, et ces fuites massives se sont poursuivies l’an dernier, à hauteur de 690 milliards de dollars entre janvier et octobre 2016, selon des estimations de Bloomberg Intelligence.

Cette fuite s’explique par le ralentissement économique du pays, la faiblesse du yuan par rapport au dollar revigoré après la victoire de Donald Trump à la Maison Blanche, et la remontée prochaine des taux directeurs aux Etats-Unis, poussent les épargnants à placer leur argent dans d’autres devises.