Le président américain Donald Trump a réaffirmé que la Chine était responsable de l’impasse des discussions entre Washington et Pyongyang, menaçant de reprendre immédiatement les manoeuvres militaires conjointes avec la Corée du Sud et le Japon et qu’elles seront « plus grandes que jamais ».

Dans un article publié par l’agence de presse Xinhua, il est écrit qu’« une percée dans les négociations avec la RPDC, à n’en pas douter un véritable joyau pour sa couronne, serait un beau coup avant les élections de mi-mandat. Toute autre issue serait considérée comme un revers pour une Maison Blanche déjà mal en point ».

Les contradictions américaines

L’article dénonce ainsi la position américaine lors du sommet du 12 juin 2018 à Singapour entre Donald Trump et le dirigeant nord-coréen, Kim Jong Un : « l’hostilité entre les deux parties semble difficilement surmontable ».

Cependant, un communiqué de la Maison Blanche, até du 29 août, repris par Donald Trump sur son compte Twitter, a assuré que « le président estime que sa relation avec Kim Jong-un est très bonne et chaleureuse, et qu’il n’y a à l’heure actuelle aucune raison de dépenser de grosses sommes d’argent pour des jeux de guerre conjoints des États-Unis et de la Corée du Sud ».

Cependant, dans ce même communiqué, il est indiqué que « le président peut instantanément reprendre des exercices avec la Corée du Sud, et le Japon, s’il choisit de le faire. Si c’est le cas, ils seront bien plus importants que jamais». Preuve que l’entente est sous condition.

Rencontre en avril 2017 entre les présidents Xi Jinping et Donald Trump,

Pour la Chine, « la responsabilité des Etats-Unis est considérable étant donné leur réticence à apporter des garanties substantielles à la sécurité de la RPDC (Corée du nord, ndlr), leur inlassable exigence de dénucléarisation de la RPDC sur un an et leur grande exagération des résultats du sommet, rendant plus difficile l’acceptation par Washington de concessions plus minimes ».

Le Pentagone a ainsi fait savoir qu’il n’avait pas réfléchi à la poursuite en 2019 de la suspension des manoeuvres conjointes, alors qu’il avait auparavant parlé d’une suspension « indéfinie ». En effet d’après un porte-parole du Pentagone a expliqué lors d’un point presse fin août que les préparatifs se poursuivent conformément au calendrier des exercices militaires avec la Corée du sud et le Japon. Le ministère sud-coréen de la Défense a de son côté indiqué qu’aucune décision n’avait pour l’heure était prise concernant la tenue ou non de ces manœuvres.

Pour Xinhua, les accusations sont sans fondement

Concernant la déclaration proclamant la fin de la guerre de Corée peu après le sommet de Singapour, cela n’a pas été fait, déplore Beijing. A contrario, Washington « n’a cessé de réclamer à Pyongyang le démantèlement préalable de l’essentiel de son arsenal nucléaire, avant de signer un tel document ».

Ce point de tension a irrité Kim Jong-un, qui souhaitait une signature du traité de paix avant la dénucléarisation totale de son pays. Or pour l’agence de presse Xinhua, proche du pouvoir central, cela jette « le doute sur la crédibilité des Etats-Unis ».

« Les accusations américaines selon lesquelles la Chine aide la Corée du nord ne tiennent pas non plus », a également commenté Xinhua. Le texte assure que le gouvernement chinois est strictement conforme aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.

Raison pour laquelle, « il est souhaitable que Washington comprenne l’implication et les objectifs de ces résolutions (…) Cette distorsion délibérée des résolutions onusiennes, cette réticence à payer le juste prix de la sécurité et l’ignorance de décennies d’actions de la Chine en matière de maintien de la paix risquent d’obérer tout règlement politique dans la péninsule coréenne ».

Donald Trump accuse la Chine de l’inertie des discussions avec Pyongyang