Le Congrès américain a adopté le 2 juillet une loi prévoyant de sanctionner les responsables chinois appliquant les nouvelles règles sécuritaires contre Hong Kong et ciblant les banques qui les financent.

La loi américaine « Hong Kong Autonomy Act » doit être promulguée par le président Donald Trump pour entrer en vigueur. La Maison Blanche n’a pas indiqué s’il comptait le faire ou mettre son veto. Toutefois, la Chine a menacé d’adopter de « fortes contre-mesures » si la loi était promulguée.

Cette loi a été promue et soutenue à la fois par les républicains et les démocrates, voulant renforcer la pression sur la Chine au-delà des mesures déjà communiquées par le gouvernement américain depuis que la Chine a annoncé, puis promulgué le 30 juin, une loi sur la sécurité nationale pour Hong Kong.

Le Sénat, à majorité républicaine, a approuvé ce texte à l’unanimité contre la Chine. La Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, l’avait approuvé le 1er juillet à l’unanimité également. Cette unanimité pourrait permettre aux parlementaires d’outrepasser un veto présidentiel.

Le sénateur démocrate Chris Van Hollen, co-auteur de la loi, a souligné dans l’hémicycle « l’urgence » de la situation à Hong Kong. « Monsieur le président, les Etats-Unis doivent soutenir le peuple de Hong Kong », a-t-il ajouté. Il a appelé Donald Trump à promulguer la loi « immédiatement ».

« Les républicains et les démocrates doivent envoyer le signal fort que nous ne tolérerons pas les actes de Pékin (…) et que nous ne resterons pas silencieux sans rien faire pendant qu’ils écrasent les libertés à Hong Kong », a-t-il déclaré.

Pour le républicain Pat Toomey, co-auteur , la loi envoie « le message que les Etats-Unis et le monde libre ne veulent plus ignorer les pires agissements » de la Chine. « Je n’ai aucun doute que le président la signera », a-t-il confié ensuite à des journalistes.

La loi « Hong Kong Autonomy Act » vise les responsables chinois mais aussi la police de Hong Kong, en déclenchant obligatoirement des sanctions contre ceux qui seraient identifiés en Chine comme œuvrant pour restreindre les libertés dans deux rapports gouvernementaux consécutifs.

Il permet de sanctionner « toute personne impliquée dans des actes s’attaquant aux libertés fondamentales qui ont été promises au peuple de Hong Kong », a précisé le sénateur Pat Toomey.

De plus, la loi « pénalise les banques choisissant de financer l’érosion de l’autonomie de Hong Kong, des banques qui placeraient leurs bénéfices au-dessus des droits humains fondamentaux » des hongkongais, a-t-il souligné. « Je pense qu’en réalité les banques chinoises sont dépendantes des Etats-Unis et pas l’inverse », a ajouté Pat Toomey, qui dit s’attendre à ce que les petites et moyennes entreprises soient exposées aux sanctions de la Chine.

Promulguée le 30 juin par le président chinois Xi Jinping, la loi sur la sécurité nationale pour Hong Kong entraîne, selon ses détracteurs, un recul des libertés inédit depuis la rétrocession à la Chine par le Royaume-Uni de Hong Kong, en 1997.

Pour les Etats-Unis et d’autres pays occidentaux, il s’agit de museler l’opposition après les manifestations monstres de l’an dernier, qui visaient à dénoncer l’influence de la Chine sur le territoire semi-autonome. Moins de 24 heures après son entrée en vigueur, la police hongkongaise avait procédé mercredi à ses premières arrestations.

Au Congrès américain, des parlementaires républicains et démocrates ont présenté une autre proposition de loi, le « Hong Kong Safe Harbor Act », plaçant les habitants de Hong Kong dans une catégorie prioritaire pour réclamer le statut de réfugié.

Cette loi ouvre aussi « une voie vers l’asile politique pour les militants en première ligne, en danger immédiat », a précisé l’un des co-auteurs du texte à la Chambre, le républicain John Curtis. Le texte appelle en outre le secrétaire d’Etat américain à coordonner l’accueil de « hongkongais comme réfugiés avec les autres pays partageant la même position ».