L’ambassadeur de Chine au Royaume-Uni, Liu Xiaoming, a déclaré le 5 janvier que l’interdiction de Huawei par les autorités britanniques signifie « un retour en arrière pour le pays, ce qui le laisserait à la traîne en matière technologique ».

Liu Xiaoming a expliqué dans une tribune publiée dans le Sunday Telegraph, que « Huawei fournit des services de réseau à plus de trois milliards de personnes dans plus de 170 pays et régions », ajoutant qu’aucun de ces pays, organisations, entreprises ou individus « n’ont fourni de preuve concrète que ses produits constituent une menace pour leur sécurité ».

« La Commission d’enquête parlementaire en sciences et technologies du Royaume-Uni a également conclu qu’il n’y avait aucun motif technique d’exclure entièrement Huawei des réseaux 5G du pays, pas plus que d’autres réseaux de télécommunications », a-t-il rappelé.

Ce dernier a également souligné que la Chine n’a jamais demandé et ne demandera jamais aux entreprises ni aux individus de recueillir des données, des informations ou des renseignements dans d’autres pays par des moyens illégaux.

« Fabriquer un ‘risque Huawei’ au nom de la sécurité nationale équivaut à dire d’un chien qu’il a la rage pour l’abattre », a déclaré l’ambassadeur, ajoutant que « cela ne fera qu’entraver la coopération normale entre les pays, et en fin de compte, ceux qui ont l’intention de jouer sur la peur des gens se tireront une balle dans le pied ».

Le diplomate a rappelé qu’entre 2012 et 2017, Huawei avait apporté 2 milliards de livres (2,35 milliards d’euros) au Royaume-Uni à travers l’investissement et l’approvisionnement, et a créé 26.000 emplois. Début 2018, le géant des télécoms s’était engagé à investir 3 milliards de livres (3,53 milliards d’euros) supplémentaires dans le pays au cours des cinq ans à venir.

« L’interdiction de Huawei signifie un retour en arrière pour le Royaume-Uni », a déclaré le diplomate, ajoutant que plusieurs opérateurs de télécommunications britanniques ont admis que l’interdiction des équipements Huawei retarderait les réseaux de 5G dans le pays.

« L’image du Royaume-Uni en tant que partenaire de coopération ouvert et inclusif sera également affectée », a-t-il ajouté. « Il en ira de même pour la confiance des investisseurs étrangers ainsi que pour la coopération entre la Chine et le Royaume-Uni ».

Or, Londres a doit faire face à de nombreuses pressions de la part des Etats-Unis. Dans un entretien accordé au Financial Times le 24 décembre 2019, le conseiller à la sécurité nationale américaine, Robert O’Brien, a avertit le Royaume-Uni : faire entrer Huawei sur ses réseaux 5G pourrait mettre en péril des données d’état.

Robert O’Brien a mit en exergue la fragilisation des données des services de renseignement, des informations nucléaires ou encore des données de santé des citoyens anglais. Il reprend les accusations d’espionnage contre Huawei, le conseiller considère « choquant » que Londres parle d’accord commercial en choisissant le géant chinois des télécoms, préférant évoqué une « question de sécurité nationale ».

A lire aussi : Huawei refusera tout demande d’espionnage