L’Organisation Mondiale de la Santé recommande ce vaccin, fabriqué à Beijing, aux personnes âgées de 18 ans et plus.  Il s’agit du premier vaccin chinois à recevoir le feu vert de l’agence sanitaire des Nations unies.

«L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a donné, vendredi 7 mai, son homologation d’urgence au vaccin anti-coronavirus Sinopharm, fabriqué à Pékin», a annoncé le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Vaccin de la société Sinopharm

Le comité d’experts vaccinaux de l’OMS a recommandé ce vaccin, qui requiert deux doses, pour les personnes de 18 ans et plus.

L’OMS a également demandé d’homologuer un deuxième vaccin Sinopharm, fabriqué à Wuhan, l’épicentre de la pandémie de coronavirus.

L’organisation a déjà homologué le vaccin de Moderna, celui de Pfizer-BioNTech, les deux sérums AstraZeneca fabriqués en Inde et en Corée du Sud et celui de Johnson & Johnson, appelé Janssen. Concernant AstraZeneca, l’OMS compte deux homologations, avec un produit identique.

L’efficacité des différents vaccins chinois reste incertaine, car il existe peu de données publiées au niveau international. Mais l’OMS a déclaré qu’elle avait validé « la sécurité, l’efficacité et la qualité » du vaccin Sinopharm mis au point par l’Institut des produits biologiques de Beijing.

L’agence onusienne a déclaré que l’ajout de ce vaccin avait « le potentiel d’accélérer rapidement l’accès au vaccin Covid-19 pour les pays qui cherchent à protéger les agents de santé et les populations à risque ».

Une décision est attendue dans les prochains jours concernant un autre vaccin chinois développé par Sinovac, tandis que le vaccin russe Sputnik est en cours d’évaluation.

L’homologation de l’OMS est une indication pour les régulateurs nationaux qu’un vaccin est sûr et efficace. Le directeur généra, Tedros Adhanom Ghebreyesus, affirme que cela donnera aux pays « la confiance nécessaire pour accélérer leur propre approbation réglementaire ».

De fait, le vaccin chinois peut être utilisé dans le cadre du programme mondial Covax, mis en place par l’OMS avec des partenaires (l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination et la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies), pour tenter de garantir un accès équitable aux vaccins entre les pays riches et les pays pauvres.

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Elle permettra également au système Covax de distribuer notamment des vaccins contre le coronavirus dans les nations défavorisées, de pouvoir envisager de disposer de vaccins supplémentaires.

Cette homologation va aussi aider les pays qui n’ont pas les moyens de déterminer eux-mêmes l’efficacité et l’innocuité d’un médicament à avoir plus rapidement accès à des thérapies.

La décision d’inscrire le vaccin chinois sur la liste des vaccins d’urgence devrait donner un coup de pouce au programme, qui a été confronté à des problèmes d’approvisionnement.

En effet, l’un des principaux avantages des vaccins chinois est qu’ils peuvent être conservés dans un réfrigérateur standard à une température de 2 à 8 degrés Celsius, comme le vaccin d’AstraZeneca.

L’OMS a déclaré que ces « conditions de stockage faciles » rendaient le vaccin de Sinopharm « très adapté aux environnements à faibles ressources ».

Les deux vaccins chinois diffèrent de certains des autres vaccins Covid-19 actuellement utilisés, notamment ceux de Pfizer et Moderna. Ces vaccins chinois sont développés de manière plus traditionnelle, car ce sont des vaccins dits «inactivés», ce qui signifie qu’ils utilisent des particules virales tuées pour exposer le système immunitaire au virus sans risquer de provoquer une véritable maladie en réaction.