Lors d’un dialogue que la politique économique de la Chine, le Premier ministre Li Keqiang a tenté de rassurer les dirigeants de six organisations multilatérales, dont le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale ou encore l’Organisation mondiale du Commerce (OMC).

Li Keqiang (WEF2016)

Face à une reprise économique mondiale fragile, « le libre-échange est un bon remède pour surmonter les difficultés (…), pousser nos entreprises à monter en gamme et offrir plus de choix aux consommateurs« , a assuré Li Keqiang, avant de promettre une « ouverture encore plus grande » de son pays.

Ce dernier a aussi mit en avant le multilatéralisme et les réformes structurelles présentées par le président Xi Jinping devant le Forum économique mondial à Davos (Suisse) début 2017.

« Nous allons continuer à offrir un environnement de libre concurrence, à accueillir les investissements étrangers (…) Nous n’avons pas l’intention de dévaluer notre monnaie pour doper nos exportations« , a plaidé le Premier ministre, assurant que la Chine maintiendrait au deuxième semestre sa « solide » dynamique de croissance.

A contrario, le Premier ministre chinois a dénoncé les politiques monétaires adoptées aux États-Unis et en Europe pour soutenir l’économie après la crise financière de 2009. Selon lui, les mesures d’assouplissement quantitatif (QE) « sont appliquées depuis 10 ans et peuvent s’avérer contreproductives, il faut se concentrer sur les réformes structurelles ».

Une position partagée par Christine Lagarde, directrice générale du FMI, qui a pointé « la hausse des risques de moyen-terme liés à l’endettement » en Chine, « fruit d’une croissance dopée au crédit ».

En août, le FMI a exhorté le gouvernement chinois à accélérer le rééquilibrage de son économie vers un modèle de croissance « plus durable », car l’embellie conjoncturelle de la Chine n’est possible qu’en raison d’un endettement accru et d’une aggravation des risques financiers à moyen terme. Ce qui relève d’une « trajectoire dangereuse » pour l’institution internationale.

Directrice du FMI, Christine Lagarde

Grâce à un vigoureux soutien de l’État, « les perspectives de la croissance chinoise à court terme se sont renforcées, mais c’est au prix de risques accrus à moyen terme », se sont alarmés les experts du Fonds.

A travers ses projets d’infrastructures, le gonflement de l’immobilier et l’usage immodéré de crédit, le PIB chinois a connu un sursaut inattendu, grimpant de 6,9% sur un an au premier comme au deuxième trimestre, après +6,7% en 2016. Mais ce répit pourrait s’avérer précaire.

« Le principal coût, c’est un accroissement plus important de l’endettement privé et public » : un phénomène « souvent associé à des crises financières » ultérieures, avertissent les experts du Fonds. Pour atteindre l’objectif du gouvernement chinois, (un doublement du PIB entre 2010 et 2020), Beijing devra maintenir le niveau actuel d’investissements publics et laisser filer l’endettement privé.

Malgré un endettement total public et privé dépassant 260% du PIB, Li Keqiang a assuré devant les représentants réunis ce mardi 12 septembre que les « risques potentiels » demeuraient « gérables ». La Chine « poursuit ses changements structurels » destinés à « rééquilibrer » son modèle économique vers les services et la consommation intérieure, a-t-il insisté.