Le site d’information Lalibre.be a donné les raisons pour lesquelles la Chine ne pourra pas se défaire totalement du charbon, alors qu’elle investit massivement dans les énergies renouvelables.

La Chine est à la fois le pays qui construit à lui seul le plus de centrales utilisant cette énergie fossile, et celui qui investit le plus dans les énergies nouvelles. Un paradoxe souvent pointé du doigt mais qui s’explique.

En effet, la Chine peine à se défaire du charbon, qui est un combustible fossile polluant, car cette énergie garanti un approvisionnement(1) suffisant à l’ensemble du pays. En effet, près de 60% de l’électricité en Chine est produite à partir du charbon. La Chine s’est pourtant engagée à atteindre le pic de ses émissions carbonées d’ici 2030, puis la « neutralité carbone » à l’horizon 2060. Mais la Chine ne dit pas comment il compte remplacer le charbon, s’est désolé Li Shuo, de Greenpeace Chine.

De plus, la Chine a mis en service en 2020 de nouvelles centrales à charbon pouvant produire 38,4 gigawatts (GW) d’électricité. De plus, à la fin de l’année 2020, la Chine a dû rationner l’électricité sur fond de pénurie de charbon. Malgré les températures hivernales, des dizaines de millions de chinois ont dû faire face à des coupures de courant décidées par les autorités.

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Ensuite, le charbon est un moteur de l’emploi à l’échelle nationale(2). Sur les 6 millions de mineurs de charbon en Chine, plus d’un tiers ont perdu leur emploi suite à la fermeture de mines, selon une étude de l’Académie chinoise des sciences sociales. La crainte d’un chômage de masse qui pourrait entraîner des troubles sociaux, a contraint la Chine à mettre en suspens ses objectifs de réduction des émissions polluantes.

Ensuite, l’exploitation du charbon est géographiquement compliquée(3). La majeure partie des énergies « propres » (éolienne, solaire et hydraulique) en Chine est produite dans l’extrême ouest du pays. Tandis que les régions les plus dynamiques pour l’économie, et donc plus gourmandes en énergie, sont situées à l’est. Cette extrémité a mit en évidence le manque de lignes à haute tension en Chine pour acheminer l’électricité verte produite.

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La Chine possède un marché du carbone trop peu ambitieux(4) selon Greepeace Chine. En effet, la Chine a lancé en juillet son « marché carbone », qui fixe pour la première fois des plafonds de pollution pour les entreprises. Si elles ne respectent pas ces quotas, elles doivent acheter des « droit de polluer » à d’autres entreprises ayant une empreinte carbone plus faible. Mais pour de nombreux observateurs, le prix pratiqué en Chine est trop bas (inférieur à 7 dollars) comparé à ceux de l’Union européenne (environ 36 dollars) et de la Californie (17 dollars).

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En Chine, il y a obligation pour les entreprises d’acheter l’énergie produite par le charbon(5). En effet, les quotas énergétiques de type soviétique obligent les entreprises d’Etat à acheter davantage d’électricité produite à partir du charbon, même si les énergies renouvelables sont désormais moins chères. Le gouvernement tente de modifier ou d’abolir ce système, mais les mesures sont au point mort depuis une dizaine d’année.