Le vice-président américain Mike Pence a réalisé le réquisitoire le plus dur contre la Chine depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, évoquant un retour en arrière sur les libertés, une « agression » économique et militaire, et, une ingérence politique pour se débarrasser de Donald Trump.

Mike Pence a repris les accusations proférées par plusieurs membres de l’administration, dont le président Donald Trump lors du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Pour certains médias, cette prise de position confirme l’offensive des Etats-Unis pour faire plier la Chine dans cette guerre commerciale. « La Chine a lancé un effort sans précédent pour influencer l’opinion publique américaine, les élections » législatives de novembre, « et l’environnement menant à l’élection présidentielle de 2020 », a indiqué le vice-président devant le Hudson Institute, un cercle de réflexion conservateur de Washington.

« La Chine s’ingère dans la démocratie américaine » et, « pour dire les choses de manière abrupte, le leadership du président Trump fonctionne: la Chine veut un président américain différent », a-t-il lancé. Face à aux tensions dans son gouvernement à la vue des élections, le président américain a dénoncé l’ingérence d’autres pays dans la politique américaine, dont la Russie et notamment la Chine.

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Se basant sur les trouvailles des agences de renseignement, Mike Pence a assuré que les autorités chinoises tentent d’« exploiter les divisions entre les niveaux fédéral et local ». Selon lui, Beijing a une stratégie précise pour influencer les électeurs américains avant les scrutins cruciaux de mi-mandat, pouvant faire perdre la majorité républicaine au Congrès.

« Plus de 80% des comtés américains ciblés par la Chine » à travers ses taxes douanières « ont voté pour le président Trump en 2016, et maintenant la Chine veut retourner ces électeurs contre notre administration », a-t-il estimé.

Pour Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, le discours de Mike Pence « a porté des accusations injustifiées concernant les politiques intérieures et étrangères de la Chine et a diffamé la Chine en prétendant que la Chine s’était ingérée dans les affaires intérieures et les élections des Etats-Unis. Il ne s’agit que de paroles fondées sur de simples ouï-dire, confondant le vrai et le faux et inventant une histoire de toutes pièces ».

D’autant plus que le numéro 2 de l’administration Trump ne s’est pas arrêté à ces sujets. Il a dénoncé une « agression » militaire en mer de Chine du Sud, assurant que « nous ne nous laisserons pas intimider ».

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Il a protesté contre l’« absence de démocratie » à Taïwan, l’érigeant en modèle « pour tous les Chinois ». « La Chine a bâti un Etat de surveillance inégalé, qui ne cesse de grossir et de devenir plus intrusif, souvent avec l’aide de la technologie américaine », a-t-il affirmé.

« Pendant un certain temps, Pékin a progressé vers plus de liberté et de respect des droits de l’Homme, avant d’effectuer ces dernières années un retour en arrière drastique », a ajouté ce fervent chrétien évangélique, dénonçant le sort des minorités religieuses chrétiennes, bouddhistes et musulmanes.

Hua Chunying a indiqué qu' »il est ridicule de voir la partie américaine stigmatiser sa coopération et ses échanges normaux avec la Chine comme des ingérences par cette dernière dans ses affaires intérieures et ses élections ». Cette dernière a ajouté que « la Chine suivait toujours le principe de non ingérence dans les affaires intérieures des autres pays et qu’elle n’était pas intéressée à s’ingérer dans les affaires intérieures et les élections américaines ».