Les ministres d’Afghanistan, du Pakistan et de Chine se sont rencontrés le 26 décembre à Beijing, afin de signer un accord de collaboration dans la lutte contre la menace terroriste, et notamment dans la région du Xinjiang.

Cette première rencontre trilatérale arrive alors que le gouvernement chinois tente d’avoir un soutien de la part des Nations Unies pour s’attaquer aux menaces que fait peser, selon lui, l’infiltration de groupes religieux radicaux dans le Xinjiang.

Beijing accuse régulièrement des groupes séparatistes ouïghours en exil, comme le Mouvement Islamique du Turkestan Oriental (ETIM), d’orchestrer des violences au Xinjiang, territoire riche en pétrole et gaz naturel, ainsi que dans d’autres régions de Chine.

Le gouvernement chinois a mis en place un certain nombre de mesures vivant à surveiller la vie quotidienne des musulmans ouïghours et leur pratique religieuse au Xinjiang.

Ces mesures ont attisé le sentiment d’injustice des jeunes et notamment le départ de militants ouïghours vers l’Afghanistan et le Pakistan. « Nous nous sommes mis d’accord pour combattre ensemble le terrorisme sous toutes ses formes et toutes ses manifestations, sans distinction d’aucune sorte« , a affirmé le ministre des Affaires étrangères afghan Salahuddin Rabbani.

L’Afghanistan va poursuivre « son combat déterminé contre l’ETIM, ses soutiens et ses réseaux, et sa lutte globale contre le terrorisme », a-t-il ajouté. De son côté,  le ministre chinois Wang Yi a déclaré que les trois pays étaient parvenus à un consensus pour combattre le terrorisme.

Ce dernier a ajouté que son pays s’employait à « tirer pleinement profit » du Xinjiang, comme plateforme de coopération économique avec les pays voisins.

Les trois pays ont également convenu d’échanger sur les moyens d’étendre le Corridor économique Chine-Pakistan (CECP) vers l’Afghanistan. « A long terme, en passant par l’Afghanistan, nous relierons progressivement le CECP avec le Corridor économique de la Chine centrale et de l’Asie centrale et occidentale« , a indiqué le ministre chinois des affaires étrangères Wang Yi.

Ce dernier a indiqué que « les trois parties ont convenu de promouvoir une connectivité plus large dans le cadre de l’initiative de la Ceinture et la Route ». D’autant plus que le corridor est un réseau d’autoroutes, de chemins de fer, d’oléoducs et de câbles optiques, intégrant l’initiative de Xi Jinping.

Le CECP est long de 3 000 kilomètres, débutant à Kashgar, en Chine, et aboutissant à Gwadar, au Pakistan, connectant la Ceinture économique de la Route de la soie dans le nord et la Route de la soie maritime du 21e siècle dans le sud.