Les «Quatre Modernisations» (四个现代化, pinyin : sì gè xiàn dài huà) représente les principaux objectifs de la vaste réforme économique lancée par le président de la République populaire de Chine et secrétaire général du PCC, Deng Xiaoping.

Zhou Enlai et Jawaharlal Nehru

Ces modernisations ont été introduites par Zhou Enlai en 1975 alors qu’il était Premier ministre, lors de la 4ème session de l’Assemblée nationale populaire. Cette session sera la dernière fois que le public verra Zhou Enlai.

Après la mort de Zhou Enlai, puis celle de Mao Zedong, Deng Xiaoping a pris le contrôle du parti à la fin de l’année 1978.  En décembre 1978, au cours du troisième plénum du 11e Comité central du Parti Communiste Chinois, Deng Xiaoping annonce le lancement officiel des «Quatre Modernisations», actant formellement le début des réformes.

Les «Quatre Modernisations» couvraient les domaines de l’agriculture ; de l’industrie ; de la science et les technologies ; et de la défense nationale.

Les «Quatre Modernisations» étaient destinées à faire de la Chine une grande puissance économique à l’aube du XXIe siècle. Ces réformes insistaient sur l’indépendance économique, ainsi que l’ouverture la Chine au monde.

Le gouvernement de la République Populaire de Chine décide d’accélérer le processus de modernisation en augmentant le volume de ses échanges commerciaux et en ouvrant son marché.

Le but de Deng Xiaoping est de rattraper au plus vite le retard de la Chine, mis en évidence lors des Guerres d’Opium durant la dynastie Qing (1644-1912) et accentuée par la Révolution Culturelle.

Le Parti Communiste Chinois souhaite ainsi que la Chine devienne au XXIe siècle une puissance mondiale, à la hauteur des occidentaux. La notion d’enrichissement n’est plus un interdit, Deng Xiaoping appellera d’ailleurs les chinois à s’enrichir coûte que coûte.

La campagne de modernisation s’appuie largement sur l’agriculture. En effet, à l’époque, 75% de la population chinoise est paysanne, mais l’industrie agricole n’est pas modernisée et produit peu.

Le gouvernement organise donc la décollectivisassions des terres, la fin des communes populaires, et engage une redistribution de la terre sur la base de l’unité familiale. Ces dernières ne sont pas propriétaires de la terre, car le paysan en dispose pendant 15 ans, et peut choisir ce qu’il souhaite cultiver.

En contrepartie, l’État s’engage toujours à acheter une partie de la production, alors le paysan peut librement disposer du reste de sa production, qu’il consomme ou revend sur le marché libre qui se développe progressivement en Chine.

De son coté, l’industrie va se développer principalement par l’achat de machines venant du Japon et de l’Occident, afin de son retard.

L’économie chinoise est aussi influencée par la politique de la «porte ouverte» instaurée par Deng Xiaoping. Celle-ci permet aux capitaux étrangers d’investir en Chine, dans des sociétés mixtes sino-étrangères.

Deng Xiaoping

A partir de 1979, des zones économiques spéciales (ZES) sont créées dans le sud du pays, afin d’accueillir ces capitaux étrangers. Il s’agit d’espaces bénéficiant d’un régime juridique particulier les rendant plus attrayants pour les investisseurs étrangers.

Le développement du « socialisme de marché » à la chinoise va permettre à la Chine de rattraper son retard en moins de 30 ans, et de devenir aujourd’hui la première économie mondiale.

Ces réformes ont eu plusieurs effets sur la Chine, d’une part un rattrapage économique, commercial, et structurel par rapport à certains pays occidentaux. D’autres part, la Chine revient sur le devant de la scène internationale. Enfin, elles ont permit d’améliorer le niveau de vie des chinois de manière générale.

Ces «Quatre Modernisations» représentent le succès politique de Deng Xiaoping. Elles ont eu des effets positifs, mais elles conservent un goût d’inachevé pour certains et des conséquences désormais visibles sur la société chinoise (surconsommation, occidentalisation, individuel, rupture des principes confucéens).

De plus, certains souhaitaient une «Cinquième Modernisation», à l’instar de l’écrivain Wei Jingsheng. Ce dernier s’est connaître pour son rôle dans le «mouvement démocratique» de 1979. Ce dernier avait affiché un dazibao (affiche publique) affiché sur le Mur de la démocratie, réclamant la «cinquième modernisation», c’est-à-dire la démocratie.