L’ambassade du Canada à Beijing, a rencontré le 14 décembre, Michael Kovrig, l’un des deux Canadiens arrêtés sur des soupçons de menace à la « sécurité nationale » de la Chine, a annoncé Ottawa.

« Aujourd’hui, le Canada a obtenu que Michael Kovrig ait accès à des services consulaires. L’ambassadeur (John) McCallum l’a rencontré à Pékin« , a indiqué le ministère chinois des affaires étrangères dans un communiqué.

Le ministère a ajouté qu’Ottawa cherchait à entrer en contact consulaire avec Michael Spavor, l’autre Canadien arrêté cette semaine. Ce contact devrait intervenir « bientôt« , a estimé de son côté le Premier ministre Justin Trudeau.

Justin Trudeau dénonce des arrestations inacceptables

Ce dernier a jugé ces détentions n’étaient « pas acceptables ». »Nous cherchons à obtenir un accès consulaire, ce que nous avons déjà obtenu dans l’un des cas, et que nous allons avoir bientôt dans le second« , a-t-il déclaré à l’agence nationale Presse canadienne. « Nous avons bon espoir que cela arrivera rapidement ».

Les autorités chinoises sont toujours en colère contre le Canada depuis l’arrestation à Vancouver d’une dirigeante du géant chinois Huawei, Meng Wanzhou, à la demande de la justice américaine.

En réaction, les autorités chinoises ont arrêté les deux Canadiens : Michael Spavor et Michael Kovrig. Beijing soupçonne Michale Kovrig, ex-diplomate de passage dans la capitale chinoise, et Michael Spavor, un consultant vivant au Liaoning, une province du nord-est de la Chine, « d’activités menaçant sa sécurité nationale ».

« Nous allons très clairement défendre nos citoyens qui sont détenus, nous essaierons de savoir pourquoi, nous allons travailler avec la Chine pour démontrer que ce n’est pas acceptable », a déclaré Justin Trudeau lors d’une autre interview à la chaîne City-TV à Toronto.

Washington dénonce les arrestations

A Washington, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui se montre souvent ferme à l’égard de Pékin, a apporté son soutien à l’allié canadien en jugeant lui aussi « inacceptable » l’arrestation « illégale » des deux Canadiens en Chine, promettant de « travailler » pour assurer leur « retour ».

La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, a été relâchée sous caution le 11 décembre dans l’attente de son audience d’extradition vers les Etats-Unis, suite à des soupçons de fraude pour contourner les sanctions américaines contre l’Iran.

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Le gouvernement chinois a menacé le Canada de « conséquences graves » si elle n’était pas immédiatement libérée. De son côté, le gouvernement canadien affirme que cette arrestation a été décidée en toute indépendance par la justice canadienne, sans pression politique, sur la base du traité d’extradition la lie aux Etats-Unis.

« C’est une de ces situations où vous vous retrouvez quand les deux plus grandes économies du monde, la Chine et les Etats-Unis, commencent à s’affronter », a assuré Justin Trudeau sur City-TV. « La guerre commerciale croissante entre eux aura toutes sortes de conséquences imprévues pour le Canada, et potentiellement pour l’économie mondiale, ça nous inquiète beaucoup », a indiqué ce dernier.

Selon un communiqué ministèriel, « le Canada et la Chine ont conjointement décidé de remettre la cérémonie de clôture de l’Année du tourisme Canada-Chine à une date ultérieure, ce qui nous permettra de mieux atteindre nos objectifs communs ».

De son côté, la ministre canadienne du Tourisme, Mélanie Joly, a reporté une visite en Chine, sans raisons précises. Cette dernière devait s’y rendre pour marquer la fin de « l’Année du tourisme Canada-Chine ».