Ant Financial, bras financier du groupe Alibaba, a annoncé l’abandon de son projet d’acquisition d’actions de Moneygram suite à l’intervention du Comité pour l’investissement étranger aux Etats-Unis (CFIUS).

La société chinoise devra indemniser Moneygram de 30 millions de dollars pour cette décision. Le rachat de MoneyGram a été bloqué par les Etats-Unis pour des raisons de « sécurité nationale ».

Le CFIUS considère que ce projet, qui aurait permis à la société chinoise d’acquérir des informations sur des millions de comptes bancaires, est une menace à la sécurité informatique des américains.

Bien qu’Ant Financial ait réitéré à plusieurs reprises et sous diverses formes sa promesse de garantir la sécurité de ces informations, a précisé l’agence de presse, Xinhua.

dans un communiqué conjoint des deux groupes (Alipay et MoneyGram), Alex Holmes, directeur général de MoneyGram, a expliqué que « l’environnement géopolitique a considérablement changé depuis que nous avons annoncé la première offre d’Ant Financial il y a près d’un an ».

« Malgré nos efforts incessants pour travailler de manière constructive avec le gouvernement américain, il est maintenant devenu clair que le CFIUS n’autorisera pas cette fusion« , a indiqué le communiqué.

D’autant que les deux compagnies auraient proposé à trois reprises des concessions pour tenter d’obtenir le feu vert du CFIUS, mais ce dernier s’inquiétait précisément de « la sécurité de données pouvant servir à identifier des citoyens américains » selon des sources proches du dossier, citées par l’agence de presse britannique, Reuters.

De son l’agence Xinhua a réalisé une étude : 39% des projets d’acquisition menés par des investisseurs chinois aux Etats-Unis ont fait l’objet d’une enquête de l’office américain entre 2011 et 2013, et que le montant des investissements chinois aux Etats-Unis ont énormément diminué, avec une baisse de 80% en 2017 par rapport à l’année précédente.

Concernant l’abandon du projet d’Ant Financial, le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Geng Shuang, a appelé les Etats-Unis à assurer un environnement équitable et prévisible aux investisseurs chinois, soulignant que « la coopération économique et commerciale est par nature profitable à toutes les parties concernées ».

Ce dernier a précisé que le gouvernement chinois demande toujours aux entrepreneurs souhaitant se développer à l’étranger d’observer les règles et les lois des pays d’accueil. Mais l’essor fulgurant d’Alipay dans le paiement en ligne et mobile, qui s’étend hors de Chine à travers les touristes chinois, fait sans doute peur à l’administration du président américain, Donald Trump.

Alipay crée la polémique sur la protection des données