Joshua Wong, visage du «Mouvement des parapluies» en 2014, a fait part de son inquiétude face à la nouvelle loi sur la sécurité nationale, et les possibilités pour lui d’être arrêté.

Joshua Wong

Tête de file du mouvement pour la démocratie à Hong Kong, Joshua Wong a confié le 23 août sa crainte d’être arrêté en vertu de la nouvelle loi sur la sécurité nationale, lors d’une interview réalisée dans le cadre d’un festival littéraire en Écosse.

«C’est difficile pour moi d’imaginer ou de prédire ce que sera mon avenir» a déclaré de ce militant de 23 ans, s’exprimant de Hong Kong par vidéoconférence, dans le cadre du festival international du livre d’Édimbourg.

«Chaque jour je m’endors et je m’inquiète de savoir si le gouvernement va venir m’arrêter immédiatement ou le lendemain, faire irruption chez moi à 5h du matin comme l’a vécu Jimmy Lai», a témoigné Joshua Wong.

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Jimmy Lai sera poursuivi

Jimmy Lai est le magnat des médias de Hong Kong arrêté comme d’autres contestataires en application de la nouvelle loi. Un tribunal de Hong Kong a statué que le procureur avait suffisamment de preuves pour poursuivre Jimmy Lai pour intimidation criminelle et les plaidoiries finales sont prévues le 28 août.

Jimmy Lai Chee-ying en 2014

Ce dernier est accusé d’avoir insulter un journaliste et d’avoir menacé de causer des dommages corporels à un journaliste lors d’un mouvement au Victoria Park en juin 2017.

Selon la loi de Hong Kong, les personnes reconnues coupables d’intimidation criminelle risquent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. En dehors des infractions retenues, Jimmy Lai a été arrêté trois fois cette année pour son rôle dans des rassemblements en 2019 et pour une violation présumée de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong. Enditem

Adoptée le 30 juin par la Chine, cette loi est considérée comme une réponse de Beijing aux mois de manifestations en faveur de la démocratie qui avaient ébranlé Hong Kong en 2019. La législation récemment introduite donne aux autorités locales de nouveaux pouvoirs pour sanctionner quatre types de crimes contre la sécurité de l’État: la subversion, le séparatisme, le terrorisme et la collusion avec des forces extérieures.

Une autre personnalité de premier plan de ce mouvement, Agnes Chow, a été arrêtée le 10 août avec neuf autres personnes en application de la loi sur la sécurité nationale. «Il est maintenant confirmé qu’Agnes Chow a été arrêtée pour ‘incitation à la sécession’ en vertu de la loi sur la sécurité nationale», était écrit sur le compte Facebook de la jeune femme, qui a longtemps milité aux côtés de Joshua Wong et Nathan Law avec qui elle a fondé le parti Demosisto. Elle a été libérée sous caution.

Nombre de militants pour la démocratie dénoncent un texte liberticide qui vient en finir selon eux avec le principe «Un pays, deux systèmes» établi lors de la rétrocession en 1997 et qui garantissait jusqu’en 2047 à Hong Kong des libertés inconnues en Chine.

Entre «devoir» et «responsabilité»

Mei Lan Ng, Fermi Wong, Oscar Lai, Nathan Law, Shu Kei, Agnes Chow, Joshua Wong

«Participer à cette interview peut aussi être vu comme une infraction du point de vue de Pékin», a indiqué Joshua Xong, auteur du livre Unfree speech.

Joshua Wong a aussi confié être harcelé et suivi. «J’ai été suivi par une voiture il y a deux heures», a-t-il raconté, expliquant avoir été photographié et «insulté» par des militants partisans du gouvernement chinois.

«Ce sont des tactiques courantes qu’ils utilisent afin de cibler les militants pour la démocratie», a déclaré Joshua Wong, qui avait en 2014 été le visage du «Mouvement des parapluies».

Joshua Wong a estimé que c’était son «devoir» et qu’il était de sa «responsabilité» de parler de ce qui se passe à Hong Kong. Il a déclaré que le mouvement pour la démocratie réclamait seulement que la Chine respecte les libertés garanties à Hong Kong lors de la rétrocession en 1997.

«Nous ne demandons pas quelque chose qui aille trop loin», a souligné l’ancien dirigeant de Demosisto, un parti qui défendait l’idéal démocratique dissout après l’adoption de la nouvelle loi.

Il a estimé qu’il n’y avait «aucune chance» que des élections libres se déroulent à Hong Kong avec Xi Jinping à la tête de la Chine. Les législatives prévues pour septembre ont été reportées d’un an en raison du coronavirus et douze candidats du mouvement pour la démocratie, dont Joshua Wong, ont été disqualifiés.