Le secrétaire d’État américain Antony Blinken et le secrétaire philippin aux Affaires étrangères Teodoro Locsin ont exprimé ce 9 avril leurs préoccupations communes concernant des navires de la milice chinoise en mer de Chine méridionale.

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Selon le département d’État américain, Antony Blinken a également réaffirmé qu’un traité de défense mutuelle entre les États-Unis et les Philippines s’appliquaient à la mer de Chine méridionale.

Les Philippines ont qualifié de « grouillante et menaçante » la présence de centaines de bateaux chinois à l’intérieur de leur zone économique exclusive, à 200 milles (environ 370 kilomètres) du récif de Whitsun, en mer de Chine méridionale.

Les diplomates chinois ont déclaré que les bateaux s’abritaient d’une mer agitée et qu’aucune milice ne se trouvait à bord.

Or les propos du ministre philippin ne sont pas nouveaux, le secrétaire philippin à la Défense, Delfin Lorenzana, a déclaré le 6 avril que «la présence continue de navires chinois autour du groupe d’îles de Sinh Tôn (Sin Cowe) révèle leur intention d’occuper davantage de zones en Mer Orientale».

Dans un communiqué, ce dernier a réitéré ses appels pour que les bateaux chinois quittent le groupe d’îles de Sinh Tôn de l’archipel de Truong Sa (Spratleys). Selon lui, il y avait encore 44 navires chinois dans les eaux malgré l’amélioration des conditions météorologiques.

Le ministère philippin des Affaires étrangères a émis une note pour protester contre les actions de la Chine, soulignant que «la présence écrasante de navires chinois dans les eaux des îles de Sinh Tôn avait causé une atmosphère d’instabilité et avait montré le non-respect par la Chine de ses engagements en faveur de la paix et la stabilité dans la région».

En soutien, la porte-parole du ministère vietnamien des Affaires étrangères, Lê Thi Thu Hang, a affirmé que «les activités des navires chinois dans les eaux de l’île de Sinh Tôn Dông (Grierson Reef) dans l’archipel de Truong Sa (Spratleys) du Vietnam portaient atteinte à la souveraineté vietnamienne et à des dispositions de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982 (CNUDM), allaient à l’encontre de la Déclaration sur la conduite des parties en Mer Orientale (DOC), compliquaient la situation et ne profitaient pas aux négociations entre l’ASEAN et la Chine pour parvenir à un Code de conduite en Mer Orientale».

De son côté, la Chine a exhorté les Philippines à cesser leurs «allégations sans fondement» sur la question de la mer de Chine méridionale, a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Le 5 avril, avant l’entretien téléphonique entre Washington et Manille, le porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian, avait déclaré «le récif de Niu’e fait partie des îles chinoises Nansha et offre traditionnellement un abri contre le vent aux bateaux de pêche chinois. Il est donc normal que les bateaux de pêche chinois s’abritent près du récif en cas de mer agitée».

Ce dernier a indiqué que les résultats du Tribunal d’arbitrage de la mer de Chine méridionale sont illégaux et non valables, ajoutant que «la Chine ne l’accepte ni ne la reconnaît et qu’elle s’oppose fermement à toute revendication ou action fondée sur cette sentence. La souveraineté, les droits et les intérêts de la Chine en mer de Chine méridionale sont conformes au droit international».

Pour la Chine, les Philippines ont tenté d’utiliser «une décision illégale et invalide pour nier cette souveraineté et ces droits en mer de Chine méridionale». Cette tentative a violé la Charte des Nations unies et la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS), selon Zhao Lijian.

Ce dernier a dit espérer que «les Philippines adopteront un point de vue objectif et correct et cesseront immédiatement leurs allégations sans fondement afin d’éviter tout impact négatif sur les relations bilatérales ainsi que sur la paix et la stabilité en mer de Chine méridionale».